Chronique d’une lourdeur

Petite précision d’emblée : le gros lourd peut aussi bien être homme que femme, pas de discrimination. Mais comme il paraît que le masculin l’emporte… (juste pas à tous les coups finalement) 😉

Et puisqu’on ne se connaît pas forcément, j’aimerais aussi ajouter que globalement, je n’aime pas trop les gens. Je suis sympa, hein, c’est pas le problème (enfin, je crois) mais j’ai assez peu de tolérance pour pas mal de catégories de gens, que nous regrouperons sous la méga-catégorie des débiles en tous genres.

Ceci étant dit, et malgré mon aptitude assez facile à dégainer un regard de tueuse slave (je sais pas pourquoi, ça fait toujours peur, les slaves tueurs…), j’ai une tendance à attirer le gros lourd, celui qui va faire des blagues de merde en pensant que je vais rigoler et donc le soutenir. OK, je suis bon public, mais j’ai mes limites.  Celui qui cherche un soutien alors qu’il fait une bonne remarque de vieux con : « Non mais regardez-moi tous ces gens avec leurs antennes – comprendre écouteurs – dans les oreilles, pas étonnant que La France aille mal… » le jour où, pas de bol, mon téléphone est HS et donc que je n’ai mes fameuses antennes qui me permettraient de faire semblant de ne pas avoir entendu. Celui qui veut me vendre un truc à la sauvette sur un quai de gare mais qui, malgré son nom, n’a pas l’air de vouloir se sauver mais plutôt de rester collé… : « mais puisque je vous dis que je ne veux pas de votre poisson emballé dans un journal… non, même si vous venez de le pêcher dans la Seine…» #truestory

Dernier épisode bien marquant : le relou de la salle de sport. (oui c’était il y a quelques temps)

J’avais envie de me défouler sans réfléchir : direction le RPM. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est : une salle noire avec des lumières et des musiques de boites de nuit où on s’enferme – volontairement ! – pour pédaler à fond sur des vélos d’appartement. (C’est encore plus con quand on l’écrit…) Bref, me voilà dans la salle quelques minutes avant le cours, je choisis mon vélo, vers le fond avec personne aux environs (je vous l’ai dit, j’aime pas les gens et encore moins les inconnus en sueur à mes côtés…). Je m’installe et là entre dans la salle un mec qui aime le vélo parce qu’il a assisté à son invention. Il scrute et s’installe sur le vélo À CÔTÉ DE MOI !!!  Je suis au milieu de ma rangée, il y a 6 vélos à ma droite et 4 à ma gauche mais non, il faut qu’il choisisse celui-ci. Déjà, je le sentais.

Relou : « Hey, salut »

Moi dans ma tête : « T’as 65 ans par jambe, papy, on ne parle plus comme ça. »

Moi, en vrai : « Bonjour »

Mais pourquoi j’ai répondu ??? Le gros relou y voit toujours une sorte d’invitation à me raconter sa vie, à me poser des questions sur la mienne, à me « divertir » pendant ma séance de sport. Mais si je voulais qu’on me parle quand je fais du vélo, je me serais inscrite à un de ces clubs de ville où j’aurais enfilé une tenue lycra sponsorisée par Super U et la boucherie Jean Bonneau et j’aurais roulé au milieu de la route le dimanche matin avec mes copains pour faire chier les automobilistes !

A partir de mon bonjour, s’en sont suivies 15 longues minutes (le prof avait oublié le cours…) où le mec me parle de la vie, de la météo, du fait qu’il est dans la fonction publique… Il me demande ce que je fais et je commence à répondre avec le moins de mots possibles : « communication ». Mais le gros relou est plein de ressources : « ah ouais, hyper intéressant » Mais non, ce n’est pas intéressant, tu ne sais pas ce que je fais, je t’ai balancé UN mot !!! « Parce que moi, à côté, je fais des vidéos. (Moi : Ah) Au départ, je fais des DVD sur le sport extrême. »

Là j’avoue j’ai failli m’étouffer, il n’y a rien qui va dans cette phrase. Des DVD ? Mais il y a encore des gens qui en « font » ??? Ensuite le sport extrême : mais tu es en train de te dandiner sur un vélo d’appartement ! Et tu as failli tomber en mettant tes pieds sur le pédalier… Bref, il enchaîne sur le fait qu’il fait aussi des films pour des marques et peut-être que dans mes clients, y a des gens qui sont intéressés « T’as pas des noms ? » En fait, tu démarches dans les salles de sport, concept étrange… Enfin, comme un miracle qu’on attendait plus : le prof.

Mais tu crois que ça l’arrêterait ? Que nenni ! Toute la séance, alors que je n’ai jamais autant regardé droit devant moi en m’interdisant ne serait-ce que de hocher la tête, j’entendais ces petites réflexions « Oh ça va, c’est cool comme séance », « Plutôt facile cette chanson »… Mais parce qu’en plus, tu crois que je ne t’ai pas vu arrêter de pédaler au milieu pour reprendre ton souffle (oui je regardais devant mais j’ai une excellente vision périphérique, ne soyez pas jaloux). Et en fait, je m’en fous que tu t’arrêtes, que tu reprennes ton souffle, c’est même normal (rappelons-nous le principe du cours) mais tu tiens absolument à jouer le surhomme, donc j’ai le droit de me moquer de toi avec toutes les petites voix dans ma tête ! Et elles sont nombreuses.

En fait, celui qui a passé le meilleur moment, c’est celui qui était derrière nous et qui a tout écouté. On l’a tous fait.

Peut-être que mon problème, c’est que je suis trop bien élevée… Je n’aime pas les gens mais je suis obligée (ma mère fait partie des voix dans ma tête) de répondre quand on me dit bonjour. Et ça le relou le prend pour un vrai bonjour, de celui qui veut dire qu’on va être amis. Je vais emprunter la formule d’une amie proche : le relou n’a pas les codes ! Et moi, je voudrais trouver ceux pour les garder à distance…

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