Chronique des petites attentions

Pendant les vacances, et spécialement celles de fin d’année, tu prends du temps pour réfléchir à ce que tu as fait de bien, ce que tu as foiré et ce que tu aimerais améliorer pour la période d’après. Certains penseraient que ce ne sont ni plus ni moins que des résolutions mais ce serait se mettre sur les épaules une sacrée pression.

Parce que oui, cette idée que des engagements pris un lendemain de soirée arrosée doivent être tenus toute une année est, pour moi, la meilleure façon de mal commencer. Evidemment qu’après 2 semaines à alterner gras et sucré tu as envie de sucer du céleri. Bien sûr qu’après 2 semaines loin de ton collègue Patrick dont le tube digestif a l’odeur d’un sanibroyeur en panne, tu te dis que tu vas faire plus d’efforts pour t’intégrer au boulot. Et de toute évidence, quand tu as passé 15 jours à fusionner avec ton canapé et ton plaid, tu as envie de te remettre au sport. Mais pourquoi s’imposer ça sur une année et prendre le risque de t’auto-décevoir au bout de 3 semaines quand Patrick t’approchera d’un peu trop près avec son haleine à décoller du papier-peint ?

Ce genre de choses ne devraient pas se décider d’office à la nouvelle année, chacun devrait pouvoir décider du moment où il a envie – ou non – de se lancer. Et surtout, pourquoi se dire que cela doit durer toute l’année ? Essaie et si ça marche, tant mieux. Mais si déjà tu as tenu 3 semaines et que fin janvier, on te retrouve avec un Big Mac entre les mâchoires, ne va pas te flageller à coups de frites molles.

Il n’empêche que les vacances ont cela de bénéfique qu’elles te permettent de sortir un peu de ta routine de métro-boulot-dodo-sans-métro et de faire le bilan, calmement… (à tous ceux qui ont reconnu, ne m’en veuillez pas quand vous chanterez encore demain matin, moi je la chante depuis le réveillon.)

De mon côté, ces vacances m’ont permis de me rendre compte, encore plus qu’avant, du pouvoir des petites attentions. De par mon métier, c’est quelque chose que je cultive mais là, je me suis rendue compte de leur vrai pouvoir. Ta mère qui emmène les draps et les serviettes pour tout le monde « parce que j’ai plus de temps pour les laver, et plus de place pour les faire sécher », ta belle-mère qui enveloppe ton cadeau dans un torchon « parce que je sais que vous ne voulez pas de papier-cadeau et que je ne trouve jamais l’occasion de vous offrir du linge autrement », ta copine magique qui vient pour le nouvel an à ce qui devait être un petit apéro mais qui apporte les chapeaux et la guirlande « parce que c’est quand même la fête », ta sœur qui te fait un plat spécial alors que tu t’incrustes à sa soirée fromage bien que tu n’aimes pas ça (quoi ? tu n’aimes pas le fromage ? mais tu es née en France, en Auvergne même !!!), le mâle qui part au dernier moment t’acheter un dernier cadeau alors que la hotte était déjà bien fournie juste parce qu’on en a parlé 3 jours avant, ton acolyte professionnelle qui te connaît si bien qu’elle trouve toujours le moyen de te permettre de te lancer dans ce que tu n’aurais même pas osé envisager, ta copine de lumière qui t’envoie un petit message pour te dire qu’elle a pensé à toi en lisant un article d’une journaliste que tu admires… Ce sont les dernières petites attentions auxquelles je pense comme ça mais il y en a dans tous les sens quand tu veux bien regarder. (Dédicace à cette dame, complètement inconnue, qui m’avait payé mon café aux USA alors que ma CB avait manifestement décidé de ne pas comprendre l’anglais)

Quand tu mets tout ça bout à bout, tu te rends compte que ces petits gestes ne sont rien mais qu’ils font beaucoup. Ils te font te sentir aimée et c’est énorme. Je ne suis pas une férue de la magie de Noël : j’ai travaillé jusqu’au 24 à 17H avant de vraiment réaliser que c’était Noël, dans la plus pure tradition, j’ai emballé mes cadeaux le 23 au soir et je n’ai même pas permis à mon mini sapin en plastique sa sortie annuelle du carton, entre le 20 et le 26 décembre. Et pourtant, j’ai l’impression que cette année, les lutins m’ont rattrapée. Je ne sais pas combien de temps ça va durer, je refuse de me dire que ça doit durer un an (pourquoi autant ? pourquoi pas plus ?) mais je vais essayer. Trouver le moyen de montrer plus que de dire, encourager, être présente, faire plaisir. Bref, je me mets dans la peau d’un lutin, même si je n’aime pas les bonnets et encore moins les chaussures pointues.

Ça fait des années que professionnellement on nous bassine avec la bienveillance et qu’une partie de moi trouve ça un peu absurde, si ce n’est complètement faux-cul (il est bien parti le lutin, tiens…). Mais si c’est sincère et volontaire, ça doit pouvoir faire du bien et devenir puissant.

Bref, on est 3 jours après le réveillon, je ne suis peut-être pas encore complètement redescendue mais je décrète que les prochains jours, prochaines semaines ou prochaines années seront dédiées au pouvoir des petites attentions. (je sens que je vais crouler sous les demandes d’aide aux déménagements avec un article pareil…) Envers les autres et aussi un peu envers moi, parce que c’est tout aussi important. (et cette phrase m’aidera à refuser ! 😉 )

Sur ce, je vous laisse, il me reste que quelques heures pour finir ma liste de films de Noël…

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