Insatisfaction chronique

Récemment, je divaguais sur internet à la recherche d’une idée de nouvelle coupe de cheveux. Il faut savoir que ce genre de recherches est responsable de la moitié de ma consommation de Giga. Je tombe sur une coupe qui me plait. Et pour cause : je l’ai déjà eue il y a quelques mois. Ça devient donc évident : il y a quelques mois, j’étais coiffée comme ça, je me suis lassée, j’ai vagabondé sur Pinterest, j’ai trouvé une petite variante, je l’ai adoptée et maintenant, je me demande pourquoi je n’ai pas gardé la coupe d’avant vu qu’elle me plait…

Oui, ça peut paraître beaucoup de questions futiles et inutiles pour une coupe de cheveux qui, en plus, ne voit l’extérieur que 2 fois par semaine et encore quand elle n’est pas sous un bonnet  (et ça l’est) mais ça m’a surtout permis de me rendre compte à quel point je pouvais vite me lasser et surtout, à quel point, on avait toujours envie de ce qu’on n’avait pas.

La vraie loi de l’attraction ce n’est pas la pomme vs le centre de la terre, c’est surtout la montagne de désirs, réalisables ou non, qui encombre nos cerveaux en permanence (oui, en toute décontraction, je viens de contredire Newton…) Bien sûr, en ouvrant les yeux, on se rend compte que c’est le principe même qui guide « l’envie de shopping » et l’existence de dizaines de magasins de fringues qui vendent plus ou moins tous la même chose. Mais au delà de la frénésie de cols roulés noirs et des chaussures colorées, je pense que c’est tout simplement ce qui guide notre vie en permanence. Dans une carrière, ce n’est rien d’autre que de l’ambition, et à moins d’avoir les dents qui rayent le parquet, c’est plutôt valorisé. Dans la vie amoureuse, toutes les rom-com adolescentes ont traduit le précepte par le fameux « Fuis-moi, je te suis, suis-moi, je te fuis », qui se concrétise facilement par cette envie de te lover dans les bras de ton +1 juste quand lui n’en a plus envie. C’est logique finalement. Pourquoi désirerait-on quelque chose qu’on a déjà ?

Le cerveau n’est finalement pas si bien fait. Si c’était le cas, pourquoi ne peut-on justement pas se satisfaire de ce qu’on a ? Pourquoi ne pourrais-je pas me dire, une bonne fois pour toutes, que ma couleur c’est le roux foncé (ceci n’est pas un spoiler sur ma prochaine couleur) au lieu de chercher tous les 4 mois quelle teinte du nuancier mon coiffeur va pouvoir expérimenter sur ma tête, tel un Picasso du bigoudi ? Pourquoi ce besoin de toujours plus, de toujours différent ?

Est-ce que c’est personnel et tu veux toujours plus pour toi-même, te montrer que tu évolues, que tu ne stagnes pas ? Ou, au contraire, est-ce par rapport aux autres et là, tu veux montrer ta supériorité ? Je pense que les deux se cumulent, plus ou moins selon les gens.

Bien sûr, Madame Michu va blâmer les réseaux sociaux et le fait que ça offre une comparaison – souvent peu fiable d’ailleurs – avec une trop grande partie de la population. Et c’est sûrement vrai. Mais elle semble oublier que M. Michu a changé de voiture juste pour avoir le modèle au-dessus de la nouvelle voiture de son voisin… Et ça a sûrement toujours existé. A tous les coups, M. Pierrafeu était ravi d’avoir réussi à chopper la plus grande grotte du quartier. A côté de ça, il devait sûrement se dire qu’il ne serait pas contre une petite grotte secondaire, près de la mer, dont il pourrait profiter avec sa famille, pendant les week-ends prolongés ?

Enfin, on est tous conscient que plus une chose désirée est hors de portée, plus tu vas en avoir envie, non ? Je ne parle pas d’interdit, je suis bien trop sage pour ça et, on le sait maintenant de façon officielle, je ne suis pas une rebelle. Mais ce petit goût de transgression ajoute au désir. Est-ce qu’un morceau de saucisson sur une tranche de pain beurrée n’est pas meilleure quand tu es en plein régime ? CQFD !

La période qu’on connaît est donc un stimulateur d’envies. Des apéros avec plus de 5 personnes, des bars, des soirées, des restos, (on sent que ma vie sociale me manque, ou pas encore ?)… Personnellement, je n’en ai jamais eu autant envie. J’en arrive même à oublier les cocktails à 10€ à base d’eau principalement, les soirées où tu es inévitablement toujours dans le passage, les lendemains où tu te dis que tu n’as pas été raisonnable et qu’un marteau-piqueur est présent dans ton lobe frontal pour être bien certain que tu t’en souviennes, les taxis qui refusent la course parce que ton adresse n’est pas sur leur trajet (quand naïvement tu pensais payer pour que justement ton trajet devienne le sien…)

D’un autre côté, simplement te contenter de ce que tu as sans avoir, auparavant, cherché à savoir si tu pourrais avoir mieux, ou du moins, plus adapté à tes envies, ça doit être d’un ennui mortel. C’est sûr que ça doit être reposant par moment, mais tellement chiant le reste du temps !

Bref, alors qu’on a en ce moment pas mal de temps pour se poser, je me dis que je devrais faire une liste (une nouvelle) des choses qui me conviennent en l’état et des choses qui doivent être améliorées. Mais qu’il est aussi temps d’apprécier ce que j’ai et la chance que j’ai.

Sur ce, je vous laisse, je viens de voir plein de suggestions pinterest pour une petite coupe sympa…

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