Chronique cliché

Cette semaine, je me suis rendue compte à quel point on était entouré de clichés, à quel point, même si tu en as conscience et que tu peux les démonter en 2 arguments, 3 mouvements, ils peuvent être tenaces.

Un exemple tout bête : ma semaine professionnelle a été un peu intense, pas mal de rdv, de dossiers à rendre, bref, des journées à horaires extensibles. Et un soir, vers 19H30, j’envoie un mail à un client. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser, pendant un quart de seconde : « et mon coco, il est 19H30, t’as vu, je bosse moi ! » C’est comme si mon esprit était devenu l’espace d’un instant ce gros beauf qui lance « Bon après-midi » quand tu pars à 17H30… Ce cliché du mail qui arrive dans la soirée donc que tu travailles beaucoup est complètement ridicule et tout le monde le sait. J’ai même eu une boss qui venait de Scandinavie et qui m’avait expliqué que chez elle, quelqu’un qui travaille tard, c’est quelqu’un qui n’est pas assez organisé. Cliché dans l’autre sens, on est d’accord. Mais, alors que je déplore ce genre d’attitudes, que je pousse les pioupious (l’équipe) à vraiment déconnecter et que mon mantra c’est « on ne sauve pas des vies », moi je fais bouffer la tête par ces clichés.

Il fait partie des clichés intégrés.

A l’inverse, il existe des clichés que je ne comprends pas et quand je les entends, je sors mes airs offusqués et mes yeux levés au ciel. Du type, ce professionnel de santé qui me demande si « ma compagne » travaille dans la même boîte que moi. Pourquoi ? Parce que j’ai les cheveux courts. Oui, 2021, des magazines qui t’expliquent partout, je schématise, que tu peux t’affranchir des codes, des groupes de variété françaises qui chantent depuis 40 ans que « chacun fait fait fait c’qui lui plait plait plait » (cadeau…) et une marque de cosmétiques qui te dit que « je fais ce que je veux, avec mes cheveux » mais non, on me catalogue comme lesbienne parce que je ne peux pas faire une queue de cheval ? Peut-être que je n’aime juste pas les élastiques, non ? Attention, je me fous qu’on me prenne pour lesbienne, je ne vois pas ça comme dégradant et globalement ça ne m’intéresse pas de savoir ce que tu peux penser de ma vie perso mais le raisonnement me sidère. Est-ce qu’on a déjà demandé à Sully, de Dr Quinn femme médecin, s’il couchait avec Nuage Dansant juste parce qu’il avait gardé ses cheveux aux épaules ?

(Je fais ici un aparté nécessaire parce que je ne m’en suis pas remise depuis que j’ai découvert ça : vous saviez que c’était Nuage Dansant et pas Nuage d’Encens ? Je viens de l’apprendre et bien que je n’aie pas vu un épisode, même une rediff sur la tnt depuis 15 ans au moins, ça me chamboule ! Merci Allociné d’avoir brisé mon enfance en me parlant de « Dancing Cloud »)

La liste des clichés est longue, qu’on les ait intégrés ou pas, et je sais bien qu’on a tous des apriori qui modèlent notre façon de voir le monde. (Mais admettons quand même que certains d’entre eux sont complètement cons !) Des modes de pensée ou des idées qui façonnent nos modes de vie, nos actions, nos décisions. Et c’est normal. Mais se baser sur des clichés, qui n’ont rien de scientifique, de démontré, qui sont juste des généralités que tu as créées avec toutes les petites voix qui habitent ton cerveau, c’est un peu considérer qu’on est tous faits de la même façon.

C’est d’ailleurs une discussion que j’ai eue avec des amies récemment où l’une d’entre elles expliquait à quel point elle trouvait les livres de développement personnel assez cliché justement. Ecrire des livres qui dictent aux gens comment se sentir mieux juste en leur disant de faire le tri dans leurs chaussettes, de se débarrasser de tous les livres (sauf de celui-ci bien sûr) et en choisissant le sac à main adapté à ta personnalité (si, si, ça existe…) c’est vraiment se baser justement sur des clichés, ne pas prendre en compte l’individualité de chaque personne. Evidemment que sur la masse de personnes qui vont prendre ce livre en mains, il y en a que ça va aider mais ce n’est justement pas le cliché qui va les aider, c’est parce qu’eux, dans leur fonctionnement personnel, se seront reconnus dans le fait de devoir se lever chaque matin à 6H30 pour écrire leur journal d’intention. Moi, tu me demandes de faire ça, ma première intention sera de me recoucher et la 2eme, d’abandonner ce livre sur un banc ou au fond du bac de recyclage (oui, on fait attention à la planète quand même).

Après, bien sûr qu’on a besoin des clichés. Ne serait-ce que pour faire rire, ils sont très utiles. Et je suis la première à en jouer. Comment pourrais-je avoir l’impression de vous voir rire aux éclats (oui, j’espère bien que c’est ce qu’il se passe) sans parler de ballerines ? Ou de gogols dans les transports ? Rien que parce qu’ils permettent de mettre en lumière des comportements étranges ou de prendre du recul, les clichés sont utiles. Mais pas de là à s’en servir comme lunettes avec lesquelles regarder ce qu’il se passe…

Bref, encore un nouveau combat à mener pour que ce monde aille mieux… Encore quelques semaines de confinement sans pouvoir m’aérer l’esprit et je vais finir par devenir ghost writer pour les discours de Miss Univers. (Et voilà, un autre : pourquoi les Miss devraient toutes être contre la guerre et la famine ? Je suis sûre qu’il y a des filles qui s’en foutent, qui veulent juste être les plus belles du monde ou qui ont des actions chez Dassault…)

Sur ce, je vous laisse, je vais aller faire quelques photos. Photos, clichés, tu l’as ?

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