Chronique moustique

Ohlala super, c’est l’été qui arrive. Les rosés en terrasse, les soirées potin avec les copines, les couchers de soleil, les jours où tu n’as pas besoin de prendre une veste « au cas où ». OK, tout ça c’est bien joli mais moi ce que je vois aussi c’est … le retour des moustiques !

Bon, en vrai, je suis plutôt de celles qui se réjouissent vraiment et sincèrement de ce qu’apporte l’été mais après une semaine à me battre contre ces Dracula à ailettes, j’ai besoin de déverser mon venin.

Ça fait donc presque huit jours que chaque nuit, je me bats. Non pas que ça vienne de rêves bizarres (mais ça arrive aussi) ou de soirées étranges et clandestines organisées dans une cave (ça, ça arrive moins)… Non, il suffit juste que j’aille me coucher. Dans mon lit. Sagement.

Les premières nuits de grosse chaleur, tu as oublié, donc tu laisses la fenêtre ouverte mais tu continues ton petit rituel de lecture et tu gardes ta lampe allumée. Et forcément, ça les attire. Mais si tu aimes tant la lumière, pourquoi apparaitre la nuit ? C’est comme ces pauvres papillons de nuit qui sont toujours collés aux lampadaires… Et on ose dire que la nature est bien faite ! Bref, la première nuit, tu ne fais même pas attention : fenêtre entrouverte, lumière allumée et sens en sommeil, tu t’endors comme si de rien n’était. Et ce n’est que le matin en te réveillant que tu commences à te gratter frénétiquement. Naïvement, tu te dis que tu as passé la journée à la campagne et que c’est bien qu’il y ait encore des insectes, même s’ils te piquent les fesses.

Et puis, le 2eme matin, quand tu te réveilles avec la cuisse qui ressemble à un livre en braille tellement il y a de boutons, là, tu commences à te dire que la campagne, elle a bon dos mais les moustiques, c’est dans ta banlieue bien parisienne qu’ils sont. Le moustique est fourbe mais aussi terriblement bon en statistiques : plus de population au mètre carré = moins de déplacement et toujours plus de piqûres possibles.

A partir de là, tu pars en guerre. Enfin, surtout, tu pars en commando et tu essaies de te rendre inaccessible. Volets fermés toute la journée, fini la lecture le soir et la fenêtre n’est ouverte qu’au dernier moment. Mais que nenni. Tels des instagrammeurs en manque de bons spots, ils se sont tous refilé l’adresse et tu deviens l’open bar à la mode.

Sauf que tu sais. Et donc que tu guettes. Tu commences évidemment par essayer de les chasser. Après le repérage, vient donc le moment de la danse, en culotte, magasine à la main pour essayer de te venger salement. Tant pis pour le plafond blanc, tu n’y tenais pas tant que ça. De toutes façons, tu n’y arriveras pas, ils sont au taquet et disparaissent bien avant que tu aies fini d’armer ton bras.

Là, ton cerveau qui veut dormir, veut te faire croire que ça ira et tu capitules. Mais tes oreilles, elles, telles celles de Lassie chien fidèle, entendent au loin les petits sifflements qui s’approchent. Il fait nuit, tu veux dormir, mais tu gesticules quand même dans le vide en espérant lui décrocher la baffe que tu n’as pas réussi à lui mettre alors que la lumière était allumée… Et c’est ton coloc d’oreiller (qui lui ne se fait pas bouffer) qui apprend aussi à esquiver.

Malgré tout, tu es vraiment fatigué et tu voudrais dormir. Mais ton cerveau, dans lequel résonnent encore les sifflements même si Mosquitoto s’est éloigné pour le moment, part en vrille. Déjà, tu te dis que c’est la nature et que si ces sangsues volantes existent, c’est qu’il y a une bonne raison dans la chaine alimentaire. Et tu essaies de dérouler dans ta tête alors que déjà en 4eme, les cours de bio te passaient un peu au-dessus.

Ensuite, tu commences à te dire que c’est de ta faute. Tu as allumé ton portable, ça a fait de la lumière. Tu as pris une douche avant d’aller au lit et comme il faisait chaud, tu t’es couché encore un peu humide : c’est un peu un appel à la piqûre. (non, tu es la victime, ils sont les bourreaux, rien n’est ta faute !) Enfin, afin de te dire que tout ça n’est pas vain, tu cherches un peu de réconfort et tu imagines qu’après t’avoir piqué, toi qui as eu ta première dose de vaccin, ce monstre sans scrupule va aller piquer des anti-vax et que ce sera bien fait pour eux.

Bref, comme d’hab, tu finis sous la couette en mode « vis ma vie de bouchée vapeur » mais à l’abri des piqûres. Tout du moins le crois-tu, jusqu’à découvrir une représentation de la chaine des volcans d’Auvergne entre tes omoplates, là où aucun ongle ne pourra jamais gratter…

Sur ce, je vous laisse, je dois faire une prise de sang demain. Mais j’ai bien peur qu’il n’en reste plus assez !

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