Chronique touristique

De retour de vacances, je me suis dit que mon sujet d’aujourd’hui était tout trouvé. Comme une carte postale que tu écris à tes copines en colonie de vacances pour leur dire qu’il fait chaud et que le mono est beau (ou l’inverse) et que tu n’envoies que quand tu la retrouves au fond de ta valise à la fin de l’été.

Puis en approfondissant un peu, j’ai pensé à ce que voulaient dire les vacances et surtout le tourisme. Cette année, contexte oblige, je suis un peu restée dans « la zone de confort » : ces lieux que tu connais, apprécies mais pour lesquels il n’y a plus forcément de découverte.

Sauf que ça, c’est ce que tu penses avant de partir. Parce qu’une fois sur place, tu te rends compte qu’il existe toute une catégorie d’expériences que tu ne connais pas : les trucs « à touristes ». Jusqu’ici, tu ne t’y es jamais attardée ; au mieux, tu leur jetais un regard méprisant et dédaigneux. Les trucs à touristes sont forcément des trucs nazes, sans âme, avec des prix exorbitants.

Toi, ce que tu veux, c’est le petit boui-boui en bord de route où tu es perdu au milieu des locaux, et pour certains, le but c’est de pouvoir dire « j’ai trouvé mieux que vous ». Tu veux te la jouer Koh Lanta alors que ta plus grande trouvaille a juste été d’emprunter la rue parallèle à la rue principale. Tu t’imagines être Marco Polo alors que tu as juste suivi les indications « nos adresses secrètes » d’un guide publié plus d’un million de fois…  Et je fais clairement partie de ces gens aussi. Pour le plaisir (comme dirait Herbert) mais aussi parce que c’est ce qui fait le charme des vacances, la découverte de petits endroits que tu ne voudrais garder que pour toi, et auxquels tu pourras repenser avec nostalgie dans les années d’après, comme un magnet virtuel, en moins kitsch. Je n’ai évidemment rien contre ça, c’est aussi comme ça que tu découvres un endroit. Mais avec ce genre d’expériences, tu prends aussi le risque de tomber sur Jean-Michel qui lui ne fait ça que pour replacer dans un diner, pour la énième fois et au grand dam de ses amis, depuis 10 ans, l’histoire de ce salon de thé caché dans la médina de Marrakech où il a appris à dire merci en arabe avec ce gentil petit serveur – oui l’anecdote s’accompagne généralement d’un maximum de condescendance.

Donc, cette année, puisqu’il fallait encore un peu s’adapter, j’ai pu opter pour des trucs que j’avais jusqu’ici toujours refusés parce que « trop à touristes ». Rassurons-nous, je ne suis pas allée jusqu’au bus rouge « Hop & Off » mais quand même. Et là, révélation. Bien sûr qu’il y a de tout et qu’il faut trier aussi mais tu viens quand même dans un endroit touristique et tu y viens pour découvrir ce lieu. Or, d’un point de vue marketing, c’est mieux pour l’économie de la ville si tout est fait pour que les touristes sachent où se rendre et qu’ils y passent un bon moment. Imaginons qu’à Paris, on cache la Tour Eiffel ou que la porte d’entrée du Louvre soit un de ces secrets qu’on ne se passe qu’entre parisiens. Forcément, tu aurais moins de monde ! Et ça serait quand même dommage d’entendre des touristes pour qui c’est le voyage d’une vie se dire, à Roissy au moment du retour « c’est quand même bête que personne ne nous ait donné le code pour entrer dans la salle de La Joconde… »

Ces vacances, j’ai donc décidé d’arrêter de dénigrer les trucs à touristes, de ne pas les éliminer d’office de ma liste des choses à faire et à voir et de choisir sur place. De toute façon, qui pensais-je tromper avec mes baskets en plein été, mon appareil photo en bandoulière et mes yeux émerveillés devant des panneaux de rue ou des portes en bois (il faut dire que j’ai une passion pour les portes) ?

Bref, toute cette longue tirade n’a qu’un but. Vous empêcher de me juger quand je finirai par avouer : cet été, alors que j’étais à Venise pour la 20ème fois de ma vie, je suis pour la première fois montée dans une gondole. Et j’ai adoré !

Sur ce, je vous laisse, on m’attend pour un diner où je vais pouvoir raconter à quel point notre gondolier, lui, était un vrai Vénitien.  

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