Réflexes chroniques

Cette semaine, j’ai eu une sorte d’épiphanie : ma vie est gérée par les réflexes. Dans tous les sens, pour plein de sujets différents, innés ou acquis, idiots ou utiles, des réflexes à foison. L’illumination a eu lieu lorsqu’au moment de nous installer pour dîner avec le Mâle, j’ai allumé la télé sans même y penser.

On va dîner, la soirée commence et la seule chose qu’on fait c’est de se demander si on chill sur Netflix ou sur OCS. La télé est un réflexe, et j’avoue que ça ne me plait pas vraiment. Alors bien sûr, une soirée à la maison c’est souvent synonyme de films ou séries – je n’aime pas les jeux de société, encore moins à deux et je n’avance plus sur mon puzzle (forcément, j’ai déjà mis toutes les pièces du bord) – mais on ne se pose même plus la question. Alors que j’ai plein de choses à lire par exemple (ou à écrire, ce qui me permettrait de ne pas me mettre à penser à ce que je vais publier le dimanche à 20H30), que j’ai envie d’apprendre l’allemand ou la couture.  Non, inlassablement, je me pose sur le canapé, télécommande à la main et je finis par regarder un truc qui ne m’intéresse pas forcément en plus.

Un peu comme le téléphone au saut du lit pour voir les dernières actus ou photos postées. Alors que, soyons honnêtes, les news peuvent bien attendre que j’ai pris une douche et les photos des gens, que j’ai du temps à perdre. Le matin, quand ton réveil sonne n’est pas exactement le moment où tu peux glander. (Ou alors, tu l’as mis 30 minutes avant l’heure fatidique mais je ne fais pas partie de ces gens-là. Le miracle morning pour moi, c’est celui où tout est millimétré pour que je ne perde pas de temps et dorme le plus possible !)

Ce sont des réflexes que je dois « dés-apprendre », pour mon bien je pense. Un peu comme ne pas appuyer du pied gauche sur la pédale de frein de cette nouvelle voiture à boite automatique. Celui-ci, c’est pour mon bien mais aussi pour celui du conducteur qui me suit qui n’a pas du tout envie de rentrer dans mon coffre tout ça parce que j’ai freiné à un stop comme si j’arrivais devant un ravin. Et on peut perdre des réflexes qu’on avait. La preuve : qui convertit encore les montants en francs ? Ça nous a amusés quelques années mais ça y est, c’est fini. Même ma grande-tante ne fait plus de chèques de 15€24cts en te disant « tiens, tu t’achèteras ce qui te plait ».

A l’inverse, il y a des réflexes que tu apprends. Je me souviens encore du fou-rire de mes parents quand, à la question des Incollables CE1, j’avais répondu « faire pipi » à « Que faut-il impérativement faire avant de monter dans le train ?* » Ben oui, mais moi, on m’avait appris qu’avant un long trajet, surtout en train, on va faire pipi « parce qu’on ne sait jamais » (et surtout on connait tous les toilettes du TGV où tu te demandes quand a eu lieu le looping) !

Ou par exemple, ce réflexe débile que je n’arrive pas à perdre et que j’ai appris en venant vivre en région parisienne. Mettons-nous dans le contexte : les transports ne sont pas toujours fiables. Or, je suis quelqu’un qui déteste être en retard. Donc quand je m’approche de la gare et que je vois quelqu’un qui court, ben… je cours ! Je me dis que cette personne sait que le train d’avant était en retard et qu’il arrive. En revanche, ça ne me vient pas à l’esprit que ce sprinteur fou peut aller dans une direction différente de la mienne… Il court, je cours. Au pire, j’attendrais un peu plus longtemps mon train (mais j’ai l’habitude) et au mieux, j’aurais eu le train d’avant et je pourrais attendre mon rdv bien sagement en espérant que cette course folle n’ait pas créé d’auréoles.

Enfin, il y a ces réflexes qui ne sortent de nulle part, que tu ne contrôles ni n’expliques mais qui ne font pas de mal. Baisser la tête dans une voiture quand tu passes sous un pont. Dansouiller dès que tu entends de la musique – dans mon cas, c’est moins gênant que quand je me mets à chanter… Ouvrir la bouche quand tu mets du mascara.

Bref, des réflexes en veux-tu en voilà (quelle charmante expression, il est temps qu’elle refasse surface) qui permettent à mon cerveau de se soulager sur la prise de décision. Ce n’est peut-être pas si mal finalement.

Sur ce, je vous laisse, je vais aller débrancher tous les appareils de la maison et lire mon bouquin à la bougie !

* La réponse est bien sûr « composter son billet », c’était une question de CE1 des années 1990…

Mon cerveau quand il cherche quoi faire le soir…

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